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lavoir de chavannes

 La construction de l'usine de préparation de produit minéral dite lavoir des Chavannes par la Cie Lyonnaise d'Entreprises et de Travaux d'Art sur les plans du cabinet d'architectes Considère, Pelnard-Caquot et Cie, débuta en 1923. La mise en route des huit lignes de traitement initiales s'échelonna de 1927 à 1930. Le matériel fut remplacé progressivement de 1947 à 1955, et automatisé entre 1989 et 1994, avant son arrêt définitif en novembre 1999. Parallèlement à la construction du lavoir, l'ancien réseau ferré à voies étroites fut remplacé par un réseau électrifié à voies normales, équipé d'une sous-station. Furent construits en 1931 à proximité du lavoir six logements ouvriers, des bureaux, des douches et des vestiaires.

Chaque machine est dotée de son propre moteur électrique, l'énergie étant initialement fournie par la centrale électrique de Lucy Il.

En 1930 le lavoir avait une capacité de 1000 t par heure.

1 Cribles et lavoirs vers 1877

Au milieu du 19e siècle le tri et le traitement du minerai était exécuté essentiellement par les cribles situés sur les sites d'extraction. Le charbon était ensuite acheminé par voie ferré au port de la compagnie sur le Canal du Centre, situé à proximité immédiate des Ateliers et Bureaux Centraux (emplacement de l'actuel centre culturel de Montceau-les-Mines, le C.A.R.). Comme le montre la lithographie de François Bonhommé datée de 1857, 1 les infrastructures étaient alors minimes sur ce port.

Dès 1849 les Mines de Blanzy débutèrent une production d'agglomérés. Dans cette fabrication entrait en autre des « menus lavés » (charbons dits menus), d'où la nécessité d'un lavoir associé à cette production. Or le premier atelier de fabrication d'agglomérés des Mines de Blanzy se situait non pas sur le port de Montceau, mais à Saint-Bérain-sur-Dheune, en bordure du canal, dans l'ancienne verrerie de la Motte. Ce n'est qu'en 1862 que deux ateliers d'agglomérés seront construits à Montceau-les-Mines (un 3 eme à Nantes en 1866).

Vers 1877 le criblage du minerai est réalisé sur les lieux d'extraction dans un premier temps, sur le port dans un deuxième temps, suivant trois procédés

 
 


La grille Briart à barreaux mobiles (en usage à Mariemont). Le crible suspendu à tôle perforée (en usage à Commentry). La grille double (système mis au point par la compagnie).

Le lavage est effectué dans deux ateliers 3.

L'un à proximité des fours à coke (situés à l'ouest des ateliers et bureaux centraux), constitué de 3 groupes de lavage (caisses à piston et trommels), d'une production total de produit fini de 3 000 hl/j,

O

l'autre associé à l'usine d'agglomérés (usine située entre le port et les ateliers et bureaux centraux), constituée de 6 groupes de lavage (caisses à piston et trommels, 6 000 hl/j). En 1900 ce lavoir est équipé de 4 groupes Ract-Madoux et 1 groupe lumièreCommentry (capacité de 1 000 t/j). Il est supprimé vers 1907-08 (sauf bac Lemière). Ce lavoir était associé à un atelier de criblage certainement dénommé crible no 1 jusqu'à la construction du nouveau crible et du nouveau lavoir no 1 en 1907. En 1900, au triage manuel était associé 3 groupes de tables à secousses (capacité de 900 t/h)4

2 Cribles et lavoirs en service de 1880 à 1926

Le crible n02, situé sur le port

  • Construit avant 1885, agrandi en 1888, démoli en 1926.
  • Equipé en 1900 de 3 groupes de 2 tables à secousses. (capacité de 900 t/j, poste de 1 Th)).

Le crible n03, situé sur le port

  • Construit en 1885-86, incendié en 1913, reconstruit en 1914, démoli en 1932-35.
  • Equipé en 1900 de 4 groupes de 3 tables à secousses (tôles perforées).
  • D'une capacité de 1 200 t/j (poste de 1 Th), il était destiné au traitement des charbons à gaz.

Le crible n04, associé au lavoir n03

O - - En Construits 1900, lavoir en 1888 équipé (sur de le port), 4 groupes supprimés de 2 tables en 1927.à secousses (tôles perforées), d'une capacité

de 1 300 t/j (poste de 1 Th).

  • Lavoir équipé en 1894 de 4 groupes Lemière et un lavoir à feldspath Coppée (pistonnage pneumatique).
  • Le lavoir, après réfection en 1909, composé de 3 groupes, était doté de bacs Coppée et Lemière-Commentry (capacité de 1200 t/j de produit fini).
 
 


 Les crible et lavoir Maugrand, au puits de la Maugrand

  • Construits en 1897-98, arrêtés en 1930
  • Crible constitué en 1900 de 3 groupes à 2 trémies et cribles Coxe, d'une capacité de 1650 t/j (poste de 1 Th).
  • Le lavoir est équipé en 1900 de 3 groupes Ract-Madoux et Coppée, 1 groupe LemièreCommentry (1 000 t/j).
  • Réfection en 1911-14 : bacs Coppée et Commentry, capacité de 1800 t/j.

O

Le crible no 1 et le lavoir no 1

  • Construits en 1907, arrêtés en 1936.
  • Le lavoir était équipé de bacs à pistonnage pneumatique Baum.

Le lavoir n04 ou lavoir Humboldt - Construit en 1899, supprimé en 1927.

  • Equipé de bacs Humboldt (1 groupe), d'une capacité de 800 t/j (en produit fini).

Le crible du puits Laugerette

  • Contemporain du puits Laugerette (1908-1966).

Le crible du puits Saint-Amédée

  • Contemporain du puits Saint-Amédée (1914-1971).

Les ateliers de criblage en 1900 sont au nombre de 5 ( n02, 3 & 4, Maugrand et usine d'agglomérés( n0 1 ?) ), pour une capacité de 6 000 t/j, pour 4 lavoirs ( n03 & 4, Maugrand et usine d'agglomérés( ?)).

En 1926-27 les 7 ateliers de criblage (no 1 à 4, Maugrand, Saint-Amédée et Laugerette) ont une capacité de 4 000 t/j 5 . Les 4 lavoirs en fonctionnement produisent 4 500 t/j de produits finis (no 1 ou Baum, n03, n04 ou Humboldt, Maugrand).

Divers facteurs entraînent la décision dès 1922 de construire un nouveau lavoir6.

Mélange des différentes qualités de charbon indispensable.  Proportion de charbon à laver en augmentation. O Nécessité de développer le dépoussiérage.

  • Circulation des produits dans les lavoirs de plus en plus difficile.
  • Nouveau réseau de voie ferrée à écartement normal en remplacement des voies de 0,80 incompatible avec l'équipement des lavoirs.
 
 


On pourrait ajouter à ces 5 points le besoin de concentrer le traitement du minerai en un seul endroit, avec un équipement plus uniforme et donc plus homogène. La société des Mines de Blanzy décide donc en 1922 de concentrer le lavage en un seul atelier, mais de répartir l'étape du criblage sur les différents sites d'extraction.

3 Le lavoir de Chavannes 1927-1999

Construction

Les travaux débutent en 1923.

Quelques chiffres8 : Remblais : 3 000 000 m3

Pieux de fondation en béton armé : 2 800

Béton armé : 20 500 m3

Maçonnerie : 10 800 m3

Les mines de Blanzy ont très probablement fait appel au cabinet d'architectes Considère, Pelnard-Caquot et Cie, architectes de la centrale thermique Lucy I (1919) et des puits Darcy (1925).

Les entrepreneurs     * Ets Ponçin et Cuny (devient ensuite la Compagnie Lyonnaise d'Entreprises et travaux d'Art) pour la maçonnerie.

  • Dérobert et Cie (Lyon) pour les charpentes métalliques
  • Chevreau et Cie pour l'appareillage électrique (Montceau-les-Mines — installé rue des Près en 1917 dans les ateliers Prudhon, bâtiments par la suite rachetés par Aillot -).
  • Fives-Lille pour le matériel
  • Pinette (Châlon-sur-Saône) pour le broyage
  • La Société Alsacienne de Constructions Mécaniques pour les moteurs

La mise en route du lavoir sera progressive : les groupes 1 à 4 en 1927, 5 et 6 en 1929,

7 et 8 en 1930. Le lavoir a alors une capacité de 1 000 t/h de produits finis.

Equipement en 1926-27 par groupe de traitement

  • Criblage du brut par 2 trommels coniques et un trommel finisseur.
  • Dépoussiérage par tamis vibrés par came.
  • Lavage des 0-10 par 6 bacs Coppée (pistonnage pneumatique et filtrage par feldspath).
  •  
 
 


Lavage des 10-25 et 25-55 par rhéolaveurs (classement par alluvionnement).

  • Décantation des eaux sales par caisses en béton munies de pointes de décantation (« spitzkasten ») et bassins extérieurs de décantation.

Evolution entre 1930 et 1947

O             * Introduction de l'égouttage par norias (chaînes à godets dont les godets métalliques sont perforés).

* remplacement des rhéolaveurs par des bacs à pistons P.I.C. (pistonnage pneumatique).

Evolution entre 1947 et 1955

  • Groupes n03 et 4 (1947-50):
  • remplacement des trommels par un crible
  • substitution du dépoussiérage par tamis au dépoussiérage par air - lavage 0-10 : remplacement des 6 bacs Coppée par 1 bac P.I.C.
  • lavage des grains (sup. 10) : lavage avec liqueur dense (eau + magnétite) par bac Tromp.
  • O        * Groupes - utilisation n0 5 et 6 (1951-53):de tambour Wemco pour le lavage par liqueur dense des grains.

  • Groupe no7 (1955): - idem.
  • Groupe n0 8 (1955):
  • suppression
  • Groupes no 1 et 2 (1955):
  • rééquipement pour traitement partiel.
  • Le lavoir a été entièrement automatisé entre 1989 et 1994. L'arrêt de l'activité est prévu pour la fin de l'année 1999

    • O 4 Le réseau ferré électrifié à écartement normal .

      (cfPl. 5 et 6)

       

       
       

      L'ancien réseau de 1862

      Vers 1835 la Compagnie des Mines de Blanzy relie les puits d'extraction au canal par des voies ferrées (écartement de 0,80 m). La traction est alors animale. La compagnie totalise 4.250 m de voies ferrées « au jour » en 1837 

      En 1862 la Compagnie s'équipe d'une locomotive à vapeur Abbott, machine remarquée par le baron Thénard (actionnaire de la Cie) à l'exposition universelle de Londres. Par la suite ce sont les établissements du Creusot qui fourniront les locomotives aux Mines de Blanzy, sur ce modèle.

      En 1865 les Mines de Blanzy sont dotées de 7 locomotives à vapeur. En 1877, la 

      Compagnie km (32 en dispose 1867 de ) de 9 locomotives, voies en rails d'une Vignole puissance à écartement variant de de 10 0,80m à 12 ch, . Depuis circulant 1877 sur elleles

      s 'équipe par ailleurs d'une locomotive à écartement normale, d'une quarantaine de chevaux, destinée à la liaison avec la voie PLM créée en 1861 (locomotive dite « l'Estacade »).

      En 1894, la Compagnie dispose de 16 locomotives et 1800 wagons14

      Le réseau électrifié

      Le remplacement du réseau ferré est projeté dès 1921, car jugé trop vétuste et onéreux, inadapté de surcroît au réseau PLM.

  • Fournisseur des rails : Cie des forges de Châtillon-Commentry et Neuves-Maisons
  • Installation du réseau et équipements électriques : Aciéries de Gennevilliers
  • Sous-traitant locomotives : Société Alsacienne de Constructions Mécaniques
  • En 1926, 37 des 63 km de voies projetés sont posés (dont 42 électrifiés ), en 1927 les lignes sont électrifiées. Le réseau comprend alors quelques 19 ponts en béton armé et métalliques. La voie étroite n'est que progressivement abandonnés (dernier tronçon démantelé en 1955).

    O                          Le matériel

  •  
  • 2 tracteurs de manœuvre à accumulateurs (cf IM 71000012)
  • une automotrice pour le transport du personnel
  • 260 wagons de 20 t construits par les Forges et Ateliers Malissard — Taza (Anzin) et Horme et Bruire (Lyon)
  •  

     

     
     


    6 locomotives de 60 t

     
  • 30 wagons à caisses basculantes (pour les schistes)
  • En 1953 les houillères entreprennent la construction de convoyeurs à bande reliant les puits Darcy et Plichon, la centrale thermique de Lucy II et le lavoir des Chavannes. Ces convoyeurs entrent en fonction en 1954-55, limitant de fait les transports par voie ferrée. En revanche le réseau reste indispensable pour les puits éloignés tels que Laugerette, SaintAmédée, Rozelay.

    O

    En 1999, seule une portion du réseau, reliant la découverte de Saint-Amédée  au lavoir des Chavannes, est encore en service. L'arrêt d'activité du réseau ferré est prévu pour la fin de l'année 2000.

     

plan du lavoir

1201 0

intérieur

657

1924

1924 27

1927

1927

5412

les rampes

8745

Commentaires

  • Tom
    • 1. Tom Le 09/03/2021
    Bonjour, bel article malheureusement il semblerait que certaines photos ne s'affichent pas...
    Cordialement ,Tom

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